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jeudi, 10 avril 2008
Violence en Haiti: le rôle de la France.
Voici l'info de l'AFP concernant les dernieres violences en Haiti.
De nouveaux actes de violence accompagnés de tentatives de pillages étaient en cours mercredi en Haïti, où les Casques bleus de l'ONU sont à nouveau intervenus avec des tirs de gaz lacrymogène à Port-au-Prince, près de la présidence haïtienne, selon des témoins.
Très tôt dans la matinée, de nombreux groupes de jeunes, dénonçant le coût de la vie, ont pris possession de plusieurs rues du centre-ville de la capitale et de ses abords, jonchés de barricades faites de pneus et de grosses pierres.
Toutes les activités sont paralysées et de nombreux commerces ont été mis à sac par des manifestants armés de gourdins, certains portant des armes à feu, toujours selon des témoins.
Des manifestants qui tentent de se rapprocher du Palais national, siège de la présidence, sont repoussés par des Casques bleus de la Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (Minustah) qui font usage de gaz lacrymogène et de tirs en l'air, ont témoigné des reporters de radios de la capitale.
En milieu de journée, il était difficile de savoir si ces violences avaient fait des victimes.
Les manifestations se sont étendues mercredi à la province. Aux Gonaïves (ouest), à Saint-Marc (nord), des centaines de manifestants sont aussi descendus dans les rues, entraînant la fermeture des écoles et de commerces, selon des radios haïtiennes.
Depuis le début des émeutes il y a une semaine en Haïti, au moins cinq personnes ont été tuées bar balles et une quarantaine blessées, selon des sources hospitalières. (source: AFP)

Il serait interessant de regarder de plus pres quel rôle tient la France dans ce pays, et quels interêt elle y possede. Mais dans un premier temps faisons un petit flashback historique.
Haïti, première république noire indépendante de l'Histoire, et ancienne colonie française est un des pays les plus pauvres et les plus instables au monde. En effet apres une longue succession de coups d'etats à la fin du XIXeme siecle, le pouvoir ne cessa d'être contesté par des factions de l'armée, les élites mulâtre et noire, et la classe marchande, maintenant composée de grand nombre d'étrangers Allemands, Américains, Français et Anglais. Le pays s'appauvrit, peu de chefs d'État se préoccupant de son développement. Dès que le pouvoir se fragilisait, des révoltes armées se déclenchaient, entretenues par les candidats à la succession. Au début du XXe siècle, le pays était en état d'insurrection quasi-permanente. Les États-Unis occupèrent l'île de 1915 à 1934. Par la suite, de 1957 à 1986, les Duvalier régnèrent en dictateurs. Ils avaient mis en place le système de délation et d'escadrons de la mort dits Tonton Macoute.
L'ancien prêtre Jean-Bertrand Aristide remporta les élections de décembre 1990. Son mandat débuta le 7 février 1991, mais un coup d'État mené par Raoul Cédras et des militaires soutenus par la bourgeoisie d'affaires le renversa dès le mois de septembre. En 1994, il fut rétabli au pouvoir sous la pression de l'administration de Bill Clinton (qui menaça d'une intervention militaire) à la condition qu'il renonçât à récupérer les années perdues lors de l'intermède militaire. Il quitta alors la présidence en 1995 et fut réélu en 2000. Après plusieurs mois de manifestations populaires et de pressions exercées par la communauté internationale, plus particulièrement par la France et les États-Unis, Aristide fut emmené en exil par des militaires des Etats Unis. En février 2006, suite à des élections marquées par des incertitudes sur le décompte des bulletins de vote, et grâce à l'appui de manifestations populaires, René Préval, proche d'Aristide et ancien président de la République d'Haïti entre 1995 et 2000, fut élu.
L'ancien president Aristide, après un passage à la Jamaïque, et en Centrafrique le 31 mai 2004 il se réfugie avec sa famille à Johannesburg. Une plainte est déposée, le 3 novembre 2005, par le gouvernement haïtien contre l'ancien président Jean-Bertrand Aristide et sept autres anciens ministres et hauts fonctionnaires. Il est accusé par les partis d'opposition qui ont participé au coup contre lui, d'avoir volé à l'État des dizaines de millions de dollars au profit de sa famille et de ses proches et d'avoir participé au trafic de drogue. Aucune preuve n'a encore été trouvée...
Aristide fût un president corrompu à longtemps être soutenu par la France. Comme tous le savent, l'ambassadeur de France en personne qui, sous la mitraille des militaires putschistes du 29 Septembre 1991, alla dégager Aristide de sa résidence à Tabarre pour le conduire au palais national où celui-ci espérait pouvoir rallier ses partisans. Ce ne sont pas tant les troupes de Guy Philippe qui décideront en effet de l'issue de la bataille politique que la campagne, le " blitzkrieg " médiatique auquel même la presse privée française participa (exemple, Le Monde). Le dénouement survint le 29 Février 2004. Un commando militaire américain investit la résidence du président Aristide à Tabarre, banlieue de la capitale, et l'embarqua pour un nouvel exil.
Lorsque René Préval déclara sa candidature à la présidence, les mêmes médias français se déchaînèrent contre lui. Paris sembla lui préférer Guy Philippe ou Charles Henry Baker. Puis finalement Leslie Manigat.
Frustrée la France ? Pas du tout, s'écrient les têtes pensantes..
Haïti est la chasse gardée de l'oncle Sam. Personne ne le conteste. Et la France n'a pas d'intérêts vitaux en Haïti pour devoir se colleter avec les Etats-Unis. En un mot, la France s'estime amplement satisfaite de s'être débarrassée d'Aristide, " le traître. "
Mais les dirigeants passent et les conflits restent...
Tetsuoshima
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